Coopérative d’activité et d’emploi

Nous avons pris le temps mais c’était nécessaire car cet article est l’un des plus importants du blog.

En effet, il éclaire  d’un jour nouveau le parcours du créateur d’entreprise. Loin du parcours fléché habituel, j’ai le plaisir d’accueillir Célia Hanssen.

Un grand merci pour avoir joué le jeu en toute transparence et pour le temps que vous avez consacré à LCE !

Bonjour Célia, j’avais hâte de vous interviewer et de partager avec mes lecteurs le dispositif de création d’entreprise en CAE, coopératives d’activités et de l’emploi que j’ai découvert très récemment, je l’avoue. Sans plus tarder, à vous la parole !

LCE : Bonjour Célia, pouvez-vous nous dire un mot sur vous ?
C.H. : Bonjour, je travaille pour la coopérative d’activités et d’emploi (CAE) Port Parallèle, située en région parisienne, où je conseille et j’accompagne des entrepreneurs à tester et développer leurs activités économiques.


LCE : Pour avoir créé ma propre activité en 2015, j’ai suivi le parcours guidé habituel mais jamais on ne m’a parlé des C.A.E. Pouvez-vous expliquer ce qu’est une coopérative d’activités et de l’emploi ?
C.H. : Une CAE est une entreprise partagée qui permet à un entrepreneur de tester et développer une activité économique sans pour autant directement créer sa propre structure juridique. Les 200 entrepreneurs au sein de Port Parallèle facturent donc via un même numéro de Siret, mais restent propriétaires de leur marque et de leur clientèle.

La CAE décharge les entrepreneurs d’une bonne partie de la gestion administrative et comptable pour que chacun puisse se concentrer sur son cœur de métier. Elle donne accès à premier réseau constitué et propose un accompagnement.


LCE : Qui peut s’adresser à une C.A.E. ? Quels sont les profils acceptés et peut-être les projets non éligibles ?
C. H.
 : Toute personne qui souhaite se lancer dans l’entrepreneuriat ou qui cherche à développer son projet entrepreneurial dans un cadre collectif et sécurisant.

Certaines CAE sont généralistes, comme Port Parallèle, et accueillent divers métiers. Nos principaux domaines d’activités sont l’édition, l’informatique et réseau, la stratégie de communication, l’image & son, le graphisme & design, la gestion d’entreprise, le « lifestyle » et l’évolution professionnelle.

Vous pouvez consulter notre annuaire pour découvrir les différents activités qui forment la communauté de Port Parallèle. Les projets non éligibles sont principalement les professions réglementées (comptable, avocat, etc.) et les activités qui requièrent une gestion de stock (commerce, industrie, etc.).

D’autres CAE sont spécialisées dans un secteur ou domaine d’activités spécifiques. Pour découvrir les CAE sur votre territoire, je vous invite à consulter les sites des réseaux « Coopérer pour Entreprendre” et “Coopéa”.


LCE : On m’a expliqué que le statut de l’entrepreneur en coopérative est particulier, en quoi est-il spécifique ?C.H.
 : Un entrepreneur en CAE a le statut d’entrepreneur-salarié (reconnu par la Loi Hamon depuis 2014). Au regard du chiffre d’affaire qu’il génère, l’entrepreneur se verse un salaire mensuel. Il signe avec la coopérative un CDI et bénéficie ainsi des avantages du salariat.

La personne est à la fois entrepreneur (elle est responsable de son activité, de ses missions, d’aller chercher des clients et des projets) et salariée.


LCE : Pouvez-vous nous en dire plus sur le déroulement d’un projet entrepreneurial à Port Parallèle par exemple ?
C.H. : Avant d’intégrer la structure, chaque entrepreneur participe à une réunion d’information, puis à un rendez-vous individuel avec un conseiller pour en savoir davantage sur son projet et sur sa compatibilité avec la CAE.

Lors du rendez-vous individuel nous vérifions principalement la motivation de la personne et l’avancée du projet. Il est important que le projet soit un minimum construit (et pas qu’une idée) pour que la personne puisse directement et pleinement profiter des moyens mis à sa disposition pour lancer l’activité et démarcher de premiers clients ou partenaires.

Au démarrage, l’entrepreneur signe une convention de partenariat avec la structure. Celle-ci est de 6 mois renouvelable 1 fois et donne directement accès à tous les outils et moyens mutualisés.

Dès le début, l’entrepreneur participe à diverses formations (développement commercial, communication, négociation et vente, pitch, stratégie tarifaire). Il a également un conseiller référent qu’il rencontre mensuellement (suivi d’activité, prise de recul, bilan, fixation d’objectifs, détermination des moyens à mettre en œuvre, méthodes).

Aussitôt que l’entrepreneur a décroché son premier client et que la première facture est payée, l’entrepreneur devient salarié de la structure.

Par une contribution de 10% du chiffre d’affaire HT, chaque entrepreneur contribue au modèle économique de la CAE (70% de fonds propres, 30% de fonds publics).

Par notre statut coopératif, après un an de salariat, il est possible de candidater pour devenir associé de l’entreprise partagée.


LCE : Le créateur d’entreprise bénéficie t-il de moyens spécifiques, de ressources mutualisées pendant qu’il est « hébergé » à Port Parallèle, d’ailleurs est-ce le bon terme ?
C. H.
 : Oui c’est l’un des avantages de la CAE. Les moyens mutualisés se matérialisent par un support comptable, administratif, social et juridique ; des outils et solutions informatiques partagées (logiciel de gestion pour la facturation, les devis, les notes de frais et l’analyse commerciale) ; un logiciel pour signature électronique, des outils de communication … Port Parallèle est aussi un organisme de formation agréé (Datadock). Les formateurs accueillis au sein de la structure peuvent donc en bénéficier.

Le terme « hébergement » est correct, mais je précise que c’est un hébergement juridique : à ce jour, nous ne mettons pas de locaux à disposition, bien que nous aillons des accès facilités à certains co-working via nos partenaires.


L.C.E. : Est-il possible de rester au-delà de la période initiale et sous quel statut ?
C. H.
 : Dès que l’entrepreneur génère du chiffre d’affaire, il devient entrepreneur-salarié en CDI. Certains entrepreneurs-salariés sont d’ailleurs dans la coopérative depuis 12 ans, depuis le début, et y ont trouvé leur port d’attache. Cependant il arrive que des entrepreneurs soient amenés à quitter la structure pour continuer à se développer, principalement s’ils doivent embaucher.


L.C.E. : Comment fait-on pour vous contacter Célia ?
C. H.
 : Tout simplement par courriel : contact@portparallele.com

Interview réalisée le 19 septembre 2018 par Léa Riposa.

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